Sylverlight pour les débutants : guide clair pour gérer les sites anciens en 2026

Silverlight est un plugin de navigateur développé par Microsoft, conçu pour exécuter des applications web riches intégrant animations, vidéos et interfaces interactives. Microsoft a mis fin au support de Silverlight le 12 octobre 2021. En 2026, les administrateurs qui héritent de sites construits sur cette technologie font face à une situation précise : le plugin peut encore fonctionner dans certains environnements, mais sans correctif de sécurité ni mise à jour éditeur.

Ce que Silverlight faisait, et pourquoi tant de sites en dépendent encore

Silverlight reposait sur le framework .NET de Microsoft et embarquait sa propre machine virtuelle, distincte du runtime .NET standard. Il utilisait XAML (eXtensible Application Markup Language) pour décrire les interfaces, ce qui permettait de créer des applications web avec une logique métier en C# ou VB.NET s’exécutant côté client, dans le navigateur.

Cette architecture avait un avantage concret pour l’époque : elle permettait de livrer des interfaces riches, des flux vidéo protégés par DRM, et des formulaires complexes sans passer par Flash ni renoncer à l’écosystème .NET. Des applications de gestion interne, des portails de formation, des plateformes de streaming ont été construits sur cette base entre 2007 et 2013 environ.

Le problème structurel est que ces applications encodaient souvent la logique métier dans le code Silverlight côté client. Réécrire ce code en HTML5 ou JavaScript n’est pas un portage mécanique : c’est une refonte partielle. C’est ce qui explique pourquoi certains systèmes d’information d’entreprise utilisent encore Silverlight en 2026, non par choix, mais par contrainte de ressources.

Silverlight en 2026 : compatibilité navigateur et fenêtre IE Mode

Les navigateurs modernes (Chrome, Firefox, Edge en mode standard, Safari) ne supportent plus les plugins NPAPI depuis plusieurs années. Silverlight ne s’exécute plus dans aucun navigateur à jour en configuration par défaut.

La seule voie encore praticable sans émulation est le mode Internet Explorer intégré à Microsoft Edge (IE Mode). Ce mode maintient un moteur de rendu basé sur Internet Explorer 11, qui supporte encore Silverlight via le plugin installé localement.

Microsoft s’est engagé à maintenir IE Mode au moins jusqu’en 2029 sur les systèmes pris en charge – mais cette échéance concerne IE Mode lui-même, pas Silverlight. Le support de Silverlight reste terminé depuis 2021 : aucun correctif de sécurité n’est publié pour les vulnérabilités découvertes après cette date.

Pour activer IE Mode sur un poste spécifique, l’administrateur doit configurer une Enterprise Site List dans Edge, qui liste les URL à ouvrir automatiquement dans ce mode. Cette configuration se gère via les stratégies de groupe (Group Policy) ou Intune dans les environnements Microsoft 365.

Un développeur expérimenté analyse du code Silverlight sur un ancien système dans un environnement de travail informatique professionnel avec plusieurs écrans

Inventaire des dépendances Silverlight : première étape avant toute décision

Avant de choisir entre maintien temporaire, isolement ou migration, l’étape préalable est l’inventaire. Il s’agit de répondre à trois questions concrètes : quels postes ont besoin d’accéder à l’application, quelle fonctionnalité exacte dépend de Silverlight, et cette fonctionnalité est-elle réellement utilisée dans le processus métier actuel.

Cette distinction n’est pas théorique. Des applications héritées conservent des modules Silverlight pour des fonctionnalités devenues obsolètes (export de rapports remplacé par un autre outil, lecteur vidéo inutilisé depuis des années). Dans ces cas, le plugin peut être retiré sans impact opérationnel.

  • Recenser les URL internes qui déclenchent du contenu Silverlight, en consultant les journaux de navigation ou en testant manuellement chaque module de l’application.
  • Identifier si le contenu est principalement de la vidéo, du formulaire interactif ou de la logique métier complexe : les trois cas n’ont pas la même trajectoire de migration.
  • Vérifier si une version récente du plugin Silverlight est installée sur les postes concernés, et s’il s’agit de la version 5, qui est la dernière publiée.

Migrer le contenu vidéo Silverlight vers HTML5

Pour les sites qui utilisaient Silverlight principalement comme lecteur vidéo avec protection DRM, la migration est généralement plus directe que pour les applications métier. HTML5 intègre nativement la balise <video> et les formats MP4/WebM, et les solutions DRM modernes (Widevine, PlayReady) sont supportées par les navigateurs courants.

Microsoft recommande dans sa documentation de migration de ne pas réécrire l’ensemble de l’application pour commencer, mais de remplacer le composant vidéo Silverlight par un lecteur HTML5 tout en conservant la structure applicative existante. Cette approche réduit le périmètre de risque initial.

Pour les formulaires et interfaces XAML, la migration vers HTML5 et JavaScript reste un travail de refonte. Il n’existe pas d’outil de conversion automatique entre XAML Silverlight et HTML/CSS qui produise un résultat exploitable en production. Les données structurées (modèles de données, appels aux services WCF) peuvent souvent être réutilisées côté serveur, mais la couche présentation doit être réécrite.

Risques de sécurité concrets sur un Silverlight non patché

Maintenir Silverlight actif sur des postes connectés à internet expose à des vulnérabilités non corrigées. Des failles comme CVE-2013-0074 (double dereference) et CVE-2016-0034 (exécution de code à distance dans le runtime) illustrent la nature des risques historiques : un site malveillant hébergeant une application Silverlight compromettante pouvait affecter tout client connecté avec un plugin vulnérable.

Depuis la fin du support en 2021, toute nouvelle vulnérabilité découverte dans Silverlight reste non corrigée. Isoler les postes utilisant Silverlight du réseau internet général (via segmentation réseau ou utilisation sur un poste dédié hors ligne) est la mesure de réduction de risque la plus directe lorsque la migration n’est pas encore possible.

Désinstaller Silverlight : procédure et vérification

Sur les postes où Silverlight n’est plus nécessaire, la désinstallation est l’option la plus sûre. Sur Windows, le plugin apparaît dans la liste « Programmes et fonctionnalités » du Panneau de configuration sous le nom « Microsoft Silverlight ». La désinstallation standard suffit dans la majorité des cas.

Après désinstallation, il faut vérifier que les fichiers résiduels ont bien été supprimés dans le répertoire d’installation (généralement sous C:\Program Files\Microsoft Silverlight\) et que le plugin ne figure plus dans les extensions des navigateurs installés. Sur les postes gérés en entreprise, un déploiement de désinstallation via SCCM ou Intune permet d’automatiser l’opération à l’échelle du parc.

La question de ce qui remplace Silverlight n’a pas de réponse unique : HTML5 couvre les cas multimédia, les frameworks JavaScript modernes (React, Vue) couvrent les interfaces riches, et .NET MAUI ou Blazor couvrent les scénarios où l’écosystème Microsoft reste requis. Le choix dépend du cas d’usage identifié lors de l’inventaire, pas d’une substitution technologique générique.